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[English version here]

par Maude Blanchet Léger

 

Vendredi le 28 août 2020, je rejoins Batone à la van chez Exeko. Nous nous dirigeons sur la rue Sherbrooke et sur le chemin, nous apprenons à nous connaître et il m’explique son approche en tant que médiateur. Batone est guitariste et chanteur; il compose ses propres chansons et se sert de ses talents de musicien pour interagir avec les gens dans la rue. Il a tendance à plutôt se laisser porter par le rythme des personnes rencontrées pour ses interventions, car selon lui, c’est plus naturel d’aller à la rencontre des gens de cette manière et d’avoir une conversation que lorsque tout est trop planifié.

Batone stationne la van sur Sherbrooke, à la hauteur de la rue Kennedy, à quelques mètres d’un muret où sont assis cinq hommes. Au même moment où nous nous avançons vers eux, trois jeunes femmes sortent d’une voiture avec de gros sacs remplis de sandwichs et en offrent aux hommes. Nous allons chercher du matériel et Batone prend sa guitare et nous commençons à parler aux filles à côté de la van. Les trois amies ont décidé de leur propre initiative qu’à chaque vendredi, elles allaient sillonner les rues de Montréal et donner de la nourriture aux personnes en situation d’itinérance.

Batone et moi les trouvons vraiment inspirantes et on leur explique la mission d’Exeko. Elles nous demandent aussi où est-ce qu’elles peuvent trouver plus de gens qui auraient besoin de nourriture et Batone leur pointe quelques endroits qu’il connait dans le centre ville. Un coin plus loin, un homme, Marco*, est souvent assis à côté de l’épicerie sur l’Avenue du Parc. Elles marchent vers cette direction et Batone et moi retournons voir les cinq personnes avec le matériel et la guitare.

Ils nous accueillent avec joie et nous leur demandons s’ils aimeraient avoir un calepin et un stylo pour écrire ou un cahier et des crayons pour dessiner. Ils acceptent le matériel pour écrire, mais l’un d’entre eux, assis au bout, me dit qu’il préfère dessiner. Son voisin de gauche commence à écrire instantanément et rempli la première page qu’il signe et date au bas. Il nous montre son texte et j’ai le temps de lire: « Ma vie dans la rue est difficile, mais c’est une vie. » Il dit nous en même temps, « tu sais, c’est une vie, c’est une vie… » dans une sorte de sérénité. Je vais ensuite chercher un cahier et une boite de crayons de couleur pour celui qui voulait dessiner. Cet homme dégage une énergie très calme et je remarque qu’il porte un léger sourire sur son visage depuis notre arrivée. Dès qu’il a en main son cahier et ses crayons, il se met à dessiner le profil de son voisin, qui lui est concentré sur Batone qui joue de la guitare et chante.

Ce sont surtout les deux autres qui portent beaucoup attention à la chanson de Batone. Je les vois sourire, bouger au rythme de la musique et celui qui écrivait tappe maintenant des mains et fais des pouces en l’air à Batone. Le dessinateur me dit alors « Je vais te dessiner maintenant! » J’accepte et je tente de bouger le moins possible. Il me montre son dessin en me disant que c’est difficile de faire les yeux et je suis d’accord, c’est la partie la plus compliquée à dessiner dans le visage! Je lui dit qu’il n’y a pas de presse, il peut le continuer s’il veut. Il décide alors de rajouter de la couleur. Je lui demande sa permission pour photographier son oeuvre et il accepte. C’est agréable de voir l’ouverture, le désir de participation et l’enthousiasme de ces hommes. Tout cela ainsi que les trois filles que nous avons croisé plus tôt me donnent un renforcement d’espoir et de bonne humeur.

Nous continuons ensuite notre route pour aller rejoindre Marco sur l’Avenue du Parc. Batone, qui le connaît bien, le salue et lui demande s’il a envie de jaser. Il acquiesce et nous sortons de la van. Il nous raconte qu’il s’est fait voler toutes ses choses; nous lui proposons alors de lui redonner un carnet et un stylo. Je lui demande par qui il s’est fait voler et il me répond « Par d’autres personnes dans la rue… Ils volent les pauvres au lieu de voler les riches! » Au moins, il a enfin trouvé un endroit où il peut dormir et où on le laisse tranquille. Il est à la recherche depuis un an et huit mois d’un logement, ou même juste d’une chambre où il pourrait habiter, mais tout est trop cher, même s’il met tout son argent de côté dans son compte de banque. Il voit son travailleur social la semaine prochaine, qu’il connaît depuis deux ans. Il a pris une petite pause de recherche de logement ce mois-ci, parce qu’il était trop fatigué et découragé de ne rien trouver. Il nous parle aussi de ses souliers troués, Batone lui demande quelle taille il fait: du dix ou du dix et demi.

Nous lui demandons ensuite s’il a croisé trois filles avec des sacs et des sandwichs, mais il dit que non, ça fait seulement 20 minutes qu’il est arrivé. L’instant d’après, nous voyons les filles qui arrivent vers nous! Batone les présentent et elles proposent à Marco un sandwich, mais il n’a pas faim et ne veut pas le garder pour plus tard. Il dit qu’il préfère que les sandwichs soient donner à des gens qui ont faim. Je suis surprise, et Batone aussi d’ailleurs, qu’il ne veuille pas en garder un. Il ne semble pas s’inquiéter pour l’avenir, d’une bonne manière. Batone et moi parlons plus tard de comment nous passons notre temps à nous construire une sensation de fausse sécurité et de contrôle sur tout, alors que nous ne savons jamais vraiment ce qu’il peut nous arriver. Sauf que lui, Marco, il se dit tout simplement ça va bien aller et même s’il semblait fatigué, je pouvais voir de l’espoir dans ses yeux doux et bienveillants.

Avant que les filles partent, Batone leur parle de Métissages Urbains et il leur suggère d’écrire à Exeko si elles veulent faire du bénévolat avec nous, car la van permet de vivre une toute autre expérience et offre une mobilité partout dans Montréal. L’une d’elles prend la van en photo, où l’on peut voir le site web d’Exeko et elles continuent leur chemin.

Nous disons aurevoir à Marco et lui souhaitons de trouver un logement et une bonne rencontre avec son travailleur social. Batone avait ensuite prévu d’aller au campement sur Notre-Dame, mais sur le chemin, nous croisons un groupe d’une quinzaine de personnes en situation d’itinérance sur la rue Milton au coin de l’Avenue du Parc. Nous faisons alors le tour du bloc pour placer la van devant eux. En ouvrant la porte de la van, un homme voit l’étui de guitare et un grand sourire apparaît sur son visage. Il veut en jouer, mais Batone lui propose plutôt d’en jouer pour lui. Je donne aussi deux sacs de matériel d’art et des bouteilles d’eau à ceux et celles qui étaient intéressé.es. 

C’est alors qu’une dame sort d’un magasin à côté en disant aux personnes assises par terre: « Je suis désolée, mais je vais vous demander de ne pas rester en face de mon magasin s’il-vous-plaît. » Un homme lui répond gentiment, « Désolée madame, on se tasse. » Elle semble nous remarquer par la suite et regarde la van en nous demandant « Vous êtes qui vous? » Batone lui explique alors que faisons de la médiation à travers la créativité et la philosophie. Elle nous regarde, perplexe, mais je vois qu’elle se sent mal d’avoir intervenue et ressent le besoin de justifier ses gestes. Je comprends sa situation; elle explique que ça devient vite insalubre devant sa boutique et qu’elle essaie seulement de gagner sa vie. Batone lui dit qu’il comprend aussi, mais que Exeko est très sensible à la situation des personnes autochtones à Montréal et partout au Canada. Elle répond qu’on devrait, dans nos interventions, dire aux gens où aller, de ne pas rester devant des endroits privés, comme son magasin. Malheureusement ce n’est pas si simple que ça. Depuis la pandémie, tous les refuges manquent encore plus de place, sans parler des répercussions encore très présentes du post-colonialisme sur les communautés autochtones. Néanmoins, on ne s’éternise pas, la dame finit par entrer à l’intérieur et nous continuons notre route.

Nous arrivons à côté du parc Morgan, dans Hochelaga, mais en se stationnant, je vois un petit campement de trois tentes, alors je propose à Batone d’aller là puisque nous n’avons vu personne en situation d’itinérance dans le parc. Il est d’accord et nous nous dirigeons avec la boîte de livres et de lunettes de vue que nous avons aussi remplie de carnets, de crayons, de mots croisés, de masques, etc.

Quatre personnes nous accueillent chaleureusement sur leur campement. Nous nous présentons et leur disons que nous avons des livres et toutes sortes de matériel pour eux, en ouvrant la boîte. Une jeune femme s’approche de moi, émerveillée par les livres. Je l’aide à chercher ceux en anglais et nous en trouvons deux, mais elle en prend deux autres en français qu’elle trouvait intrigants. Elle prend aussi un livre de mots cachés et très excitée, elle dit à son ami de venir se choisir une paire de lunettes. Je les aide aussi à choisir la paire et il décide d’y aller avec une verte.

Ils retournent ensuite s'asseoir et parlent avec Batone. Pendant ce temps, l’autre homme vient vers moi et choisi lui aussi une paire de lunettes et trois livres. En s’assoyant, il nous dit qu’il pourra enfin se remettre à la lecture, que ça l’aide à l’endormir le soir et dit en riant que ça lui prend « deux phrases, et puis pouf! » et nous rigolons ensemble. La jeune femme dit qu’elle aime lire, mais elle aime aussi dormir, parce que le lendemain matin, c’est une nouvelle journée et tout recommence à nouveau: il y a de l’espoir. Elle et son copain nous explique que leur logement a passé au feu en mars et que depuis, ils n’arrivent pas trouver un autre endroit. La jeune femme inuit nous dit avec la voix un peu tremblante, une boule à la gorge, qu’elle a une maison « vraiment vraiment au Nord », en faisant un mouvement de tête vers le haut, mais qu’elle essaye de… Qu’elle essaye! ne terminant pas sa phrase. Ils expliquent aussi qu’ils n’aiment pas trop se mêler aux grands groupes, comme le plus gros campement un peu plus loin à l’Ouest. Batone les félicite pour l’ambiance et l’environnement qu’ils ont réussi à créer ensemble, entre amis. C’est vrai qu’on se sentait bien avec eux, ils m’inspiraient confiance et paisibilité.

Nous rangeons la boîte et bougeons la van jusqu’au grand campement. Nous la laissons derrière ce qui semble être une cafétéria communautaire sous un abri, connexe à un véhicule récréationnel. Nous saluons les gens qui sont en train de cuisiner et ceux assis autour. Un homme énergique viens vers nous et nous décrit comment il a eu son véhicule à 900$ il y a deux ans. Il en est vraiment fier et nous montre sa génératrice et toutes ses installations à l’intérieur. Ils ont des burritos véganes, des fruits, des jeans à donner et à l’intérieur, il a une télévision, une affiche d’un band que lui-même et Batone aiment, signé par le chanteur, et une photo de son chien décédé. Il nous demande ensuite si nous avons des lunettes de lecture, ayant l’air de connaître déjà Exeko, et il prend aussi un cahier de mot cachés. Je lui demande la permission de prendre en photo son VR, il accepte, et nous le félicitons d’avoir décidé de faire de sa maison un lieu de rassemblement et d’entraide.

Nous longeons le campement et voyons quelques personnes assises en cercle derrière une bannière où il est écrit « Un chez soi pour tous ». Nous allons les voir, toujours avec la boîte, et l’un d’entre eux prend des lunettes. Une autre personne arrive avec beaucoup d’entrain, avec son assiette de riz et de légumes à la main, nous ayant vu de loin. Il s’exclame malade! en voyant les cahiers de dessin et les crayons de couleur et se sert. Il nous remercie et retourne à son repas.

Un peu plus loin, Batone reconnaît un homme accompagné d’une femme et il les salue de loin. La femme reste un peu, mais continue son chemin vers la cafétéria. L’homme m’a vu photographier la deuxième bannière où l’on peut lire « Je veux mon logement. » Il me demande si j’aime sa tente et la bannière et je lui réponds que oui, que c’est une super bonne idée d’avoir fait ça! Il nous dit qu’il a environ 400 mètres de tissus prêt à être utilisé, mais qu’il lui faut de la peinture acrylique, que quelqu’un lui a promis d’en apporter. Il nous raconte aussi que la semaine passée, un politicien est venu ici pour négocier sur le campement. Il lui a crié « T’écoutes jamais anyway! » et comme de fait, il ne s’est pas retourné, n’ayant pas l’air d’écouter. Il raconte tout cela avec le sourire et avant de partir, il nous montre le rhum épicé qu’il a trouvé hier dans un sac d’épicerie à donner, tout content de sa découverte.

Durant cette soirée de vendredi, nous avons vu quelques moments de frustration, mais surtout de l’espoir. De l’espoir des trois jeunes femmes si généreuses, de l’espoir dans les sourires de ceux et celles à qui nous avons donné la possibilité de pouvoir écrire et dessiner, de l’espoir dans les yeux de Marco qui continue sa recherche de logement, de l’espoir dans tous ceux qui avaient besoin de lunettes de lecture afin de lire à nouveau, de l’espoir dans la voix de la jeune femme qui je crois n’abandonnera pas, de l’espoir dans tous ces moments d’humanité inoubliables!

 

*Les noms utilisés sont fictifs afin de conserver l'anonymat.

 

ENGLISH

 

by Maude Blanchet Léger

 

Friday the 28th of July, I met Batone in the van at Exeko. We drive towards Sherbrooke street and we get to know each other on the way. He explains to me his approach as a mediator. Batone is a guitarist and a singer who composes his own songs. He uses his musical talents to interact with people in the streets. He tends to be rather carried away by the rhythm of the people he meets for his interventions, because according to him, it is more natural to meet people in this way and to have a conversation than when everything is overplanned.

Batone parks the van on Sherbrooke, near Kennedy street, a few meters away from five men sitting on a wall. As we walk towards them, three young women come out of a car with big bags filled with sandwiches and they offer them to the men. We go get some equipment and Batone takes his guitar and we start talking with the girls next to the van. The three friends decided on their own that every Friday, they would roam the streets of Montreal and give out food to the ones in need.

Batone and I find them really inspiring and we explain Exeko’s mission to them. They also ask us where they can find more people who need food and Batone points them to a few places he knows downtown. A corner further away, a man, Marco*, is often seated next to the grocery store on Avenue du Parc. They walk in that direction and Batone and I go back to the five people with the stuff and the guitar.

They welcome us with joy and we ask them if they would like to have a notepad and a pen to write or a sketchbook and pencils to draw. They all want to write, but one of them, sitting at the end, tells me he prefers to draw. His neighbor on the left begins to write instantly and fills out the first page which he signs and dates at the bottom. He shows us his text and I have time to read: "My life on the streets is difficult, but it is a life. He tells us at the same time "You know, it's a life, it's a life..." in a kind of serenity. I then get a notebook and a box of colored pencils for the man that wanted to draw. He has a very calm energy and I notice he has worn a slight smile on his face since we arrived. As soon as he has his sketchbook and pencils in hand, he begins to draw the profile of his neighbor, which is focused on Batone playing the guitar and singing.

It is especially the other two who pay a lot of attention to Batone playing music. I see them smile, move to the beat of the song and the one who was writing is now clapping his hands and showing thumbs up at Batone. The other man then says to me "I'm going to draw you now!" I accept and try to move as little as possible. He shows me his drawing and tells me it's hard to make the eyes and I agree, it is the hardest part of the face to draw! I tell him there is no rush, he can continue it if he wants. He then decides to add color. I ask his permission to photograph his work and he accepts. It's nice to see the openness, the desire to participate and the enthusiasm of these men. All of this and the three girls we met earlier gave me a boost of hope and put me in a good mood.

We then continue our journey to join Marco on Avenue du Parc. Batone, who knows him well, greets him and asks if he feels like chatting. He nods yes and we get out of the van. He then tells us that all of his things had been stolen, so we suggest that we give him back a notepad and a pen. I ask him who robbed him and he says ‘’Other people in the streets… They steal from the poor instead of the rich!" At least, he found a place where he can sleep and be left alone. He's been looking for a year and eight months for a place to live, or even just a room, but everything is too expensive, even if he puts all his money aside in his bank account. He is seeing his social worker next week, whom he has known for two years now. He took a break from searching this last month, because he was too tired of not finding anything. He also tells us about the holes in his shoes and Batone asks him what size he’s wearing: ten or ten and a half.

We then ask him if he ran into three girls with bags and sandwiches, but he says no, it's only been 20 minutes since he arrived, but then one minute later, we see the girls coming towards us! Batone introduces them and they offer Marco a sandwich, but he's not hungry and doesn't want to save it for later. He says he prefers that the food goes to people who are hungry. I'm surprised, and Batone too, that he doesn't want to keep one. He doesn't seem to worry about the future, in a good way. Batone and I talked later about how we spend our time building up a false sense of security and control over everything, when we never really know what can happen to us. Except that he, Marco, just thought everything is going to be alright and even though he looked tired, I could see hope in his gentle, kind eyes.

Before the girls leave, Batone tells them about our project Métissages Urbains and suggests that they write to Exeko if they want to volunteer with us, because the van offers a whole different experience and gives mobility all over Montreal. One of them takes a picture of the van, where the website can be seen, and they continue on their way.

We say goodbye to Marco and wish him to find housing and a good meeting with his social worker. Batone then planned to go to the camp on Notre-Dame, but on the way, we passed a group of about fifteen homeless people on Milton Street at the corner of Parc Avenue. We go around the block to park the van in front of them. Opening the van door, a man sees the guitar case and a big smile appears on his face. He wants to play, but Batone offers to play it for him instead. I also gave two bags of art supplies and water bottles to those who were interested.

Then a lady comes out of the store in front of the van, telling people sitting on the ground, "I'm sorry, but I'm going to ask you not to stand in front of my store please.’’ A man replied gently, "Sorry ma'am, we’ll move." She seems to notice us afterwards and looks at the van and asks us ‘’Who are you?’’ Batone then explains to her that we do mediation through creativity and philosophy. She looks at us, puzzled, but I see that she feels bad for intervening and feels the need to justify her actions. I understand her situation; she explains that it quickly becomes unsanitary in front of her shop and that she is only trying to make a living. Batone tells her that he understands too, but that Exeko is very sensitive to the condition of Indigenous people in Montreal and across Canada. She replied that in our interventions, we should tell people where to go, not to stay in front of private places, like her store. Unfortunately, it’s not that simple. Since the pandemic, all the shelters have run out of space even more, not to mention the repercussions that post-colonialism still has on First Nation communities. However, we don't go on forever, the lady ends up getting inside and we continue on our way.

We arrive next to Morgan Park, in Hochelaga, but when parking, I see three tents on Notre-Dame, so I suggest that we go there since we haven't seen anyone in the park. Batone agrees and we walk with the box of books and glasses that we also filled with notebooks, pencils, crosswords, masks, etc.

Four people warmly welcome us to their camp. We introduce ourselves and tell them that we have books and all kinds of materials for them, opening the box. A young woman approaches me, amazed by the books. I help her look for the ones in English and we find two, but she takes two more in French which she found intriguing. She also picks up a hidden-words book, and very excited, tells her friend to come and choose a pair of glasses. I also help them find a good pair and he decides to go with a green pair.

They then return sitting down and start talking with Batone. Meanwhile, the other man comes up to me and also chooses a pair of glasses and three books. Afterward, he sits down too and he tells us that he can finally get back to reading, that it helps him fall asleep at night, and says that it takes him "two sentences, and then poof! I’m gone" and we laugh together. The young woman says she likes to read, but she also likes to sleep, because the next morning is a new day, it’s like turning over a new leaf: there is hope. She and her boyfriend tell us that their home burned down in March and they haven't been able to find another place since. The young Inuit woman tells us with a little trembling voice, a lump in her throat, that she has a house way way up North, nodding her head upwards, but that she tries to... She tries! deciding to stop her sentence there. They also explain that they are not too keen on mingling with larger groups, such as the big camp further west. Batone congratulates them for the atmosphere and the environment they have managed to create together, among friends. It is true that we felt good with them, they inspired me with confidence and peace.

We close the box and move the van to the large camp. We park it behind what appears to be a community cafeteria under a shelter, attached to a recreational vehicle. We greet the people who are cooking and those sitting around. An energetic man walks up to us and describes how he got his vehicle two years ago for $900. He is really proud of it and shows us his generator and all of its facilities inside. They have vegan burritos, fruits, jeans to give away and inside, he has a TV, a poster of a band he and Batone both love, signed by the singer, and a photo of his deceased dog. He then asks us if we have any reading glasses, seeming to know Exeko already, and he also takes out a hidden-words book. I ask for his permission to take a picture of his RV, he accepts, and we congratulate him for deciding to make his house a place of gathering, community and solidarity.

 

We walk past the camp and see a few people sitting in a circle behind a banner that reads “A home for all”. We go to them with the box, and one of them takes glasses. Another person arrives very spirited, with a plate of rice and vegetables in hand, having seen us from a distance. He exclaims sick! when seeing the sketchbooks and colored pencils and helps himself. He thanks us and returns to his meal.

A little further, Batone recognizes a man accompanied by a woman and greets them from afar. The woman stays for a bit, but continues on her way to the cafeteria. The man saw me photographing the second banner that reads "I want my housing." He asks me if I like his tent and the banner and I tell him yes, it's a great idea that they wrote that! He tells us he has about 400 meters of fabric ready to be used, but he needs acrylic paint, which someone has promised to bring. He also tells us that last week, a politician came here to negotiate on the camp. He shouted at him "You never listen anyway!" And as a matter of fact, he didn't turn around, not seeming to be listening. He tells us all of that with a smile and before leaving, he shows us the spiced rum he found yesterday in a giveaway grocery bag, happy with his discovery.

During that Friday night, we saw a few moments of frustration, but mostly hope. Hope in the three generous young women, hope in the smiles of those given the opportunity to write and draw, hope in the eyes of Marco who continues his search for a place to live, hope in all of those who needed reading glasses in order to read again, hope in the voice of the young woman who I believe will not give up, hope in all these moments of unforgettable humanity!

 

*Names are fictional in order to keep anonymity.

C’est Dorothée qui eut l’idée d’initier un projet où les gens proposeraient un objet muséable, un objet qui reflèterait l’individualité de cette personne et sur lequel des participant.es pourraient rebondir, discuter, partager... Il y aurait alors le petit musée d’Hochelaga, le petit musée de Saint-Léonard, etc. Qui sait, peut-être même partout à travers le Canada, jusqu’en Belgique, en Nouvelle-Calédonie, des discussions pourraient s’animer grâce à nos médiatrices en ligne et même en personne à bord de la mobile!

Le projet s’est ensuite développé en équipe où nous avons pu établir les barèmes et toute la marche de manoeuvre de celui-ci. C’est ici donc que je vous parle de ce beau projet et que je vous invite à participer en grand nombre.

Possédez-vous un objet que vous pourriez léguer à un musée? Un objet qui a du sens pour vous ou qui vous est cher? Que ce soit un souvenir d’enfance ou de voyage, un objet inusité ou qui touche votre sensibilité, nous souhaitons créer une collection d’images inspirantes et de récits qui deviendront prétexte de discussions et de rencontres.

Toutes les personnes intéressées sont les bienvenues à participer et ce, sans limite d’âge. Nous encourageons fortement la participation des personnes nouvellement arrivantes; nous cherchons à faire rayonner une diversité de parcours, de récits, de profils. Invitez vos amie.s, allez à la rencontre de vos ainé.es, questionnez les tout petits, tendez le micro à un.e inconnu.e!

Nous avons tous.tes une histoire digne d’être racontée. Musée de Quartiers a pour objectif de créer des liens interculturels et intergénérationnels au travers des récits personnels partagés de façon spontanée.

Pour participer, envoyez-nous votre image, son récit, le quartier auquel vous vous identifiez et une courte présentation de vous-même. Les images seront affichées sur les réseaux sociaux et des conversations seront animées par des médiatrices en personne et virtuellement.

J’en profite aussi pour ouvrir le bal en vous présentant l’objet que j’ai choisi:

Mon nom est Maude et je suis une fière habitante du quartier Centre-Sud à Montréal! Si j’avais à léguer un objet à un musée, ce serait cette petite matrice qui, à première vue, ne semble être qu’un morceau de plastique. Mais cet objet est pour moi porté par de nombreux souvenirs et chargé d’émotions.

C’était en 2015, dans la ville d’Holguín, à Cuba. Cette matrice n’est pas le travail d’une professionnelle, mais bien celui d’une étudiante de 19 ans qui commence tout juste son parcours en arts visuels et qui souhaite se découvrir. Une matrice, en gravure et en technique d’imprimerie, est une planche, dans ce cas-ci de plexiglass, gravée, qui est ensuite utilisée directement pour l'impression d'une estampe et qui permet la reproduction de celle-ci.

Durant ce voyage scolaire avec notre enseignante Marie Louise Pépin, nous assistons à un cours donné par Ernesto Blanco, professeur et artiste cubain de l’Academia de Artes Plasticas El Alba. Nous avions apporté nos propres plaques de plexiglass, mais Ernesto nous montre des gravures faites avec toutes sortes d’outils sur des matériaux variés, comme des disques compacts. Sur la matrice, j’y ai gravé une Buick des années ’50. Les anciennes voitures américaines de ces années sont communes à Cuba, surtout pour les chauffeurs de taxi, et sont un peu devenues un emblème du pays, phénomène unique au monde.

Ce voyage est pour moi le début d’un amour pour un pays, une culture, une langue, un peuple et un avant-goût d’une envie de voyager qui se développera. Cette matrice me rappelle un bon moment passé avec mes ami.es, mais marque aussi le début de mon parcours professionnel, en plus d’être une époque importante pour ma croissance personnelle.

Et vous, quel objet possédez-vous vous parle, vous rappelle un moment important, un voyage, une amitié? Prenez-le en photo et envoyez-le à l’adresse musee@exeko.org! Il peut s’agir de n’importe quoi: une boite de thé, un parapluie vintage, votre premier cadeau de fête des mères, un jouet de votre enfance, un timbre rare… Tous les objets sont valables, si leur histoire est significative pour vous, ou pour la communauté.

Les photos seront publiées progressivement à travers un groupe facebook ouvert et possiblement sur instagram. Bien que nous encourageons les participant.e.s à se dévoiler, pour créer des liens et se découvrir, il est possible de garder l’anonymat. Nous acceptons également les témoignages audio et vidéo autour des objets et aussi dans toutes autres langues que le français! Nous ferons de notre mieux pour traduire vos récits, à l’aide de notre réseau.

Pour prendre votre photo, installez-vous avec votre téléphone ou votre caméra idéalement à l’extérieur ou près d'une fenêtre, le jour (sur le bacon, dans un parc...) Évitez de vous placer face au soleil ou à la lumière (à contre-jour). Faites un gros plan de l’objet et prenez plusieurs photos pour pouvoir choisir la meilleure.

Alors, partagez sur les réseaux sociaux, parlez en autour de vous, allez recueillir des témoignages auprès de celles et ceux qui n’oseront pas ou ne pourront le faire seul.es. Nous avons hâte de voir vos objets et de lire leurs histoires!

par / by Maude Blanchet Léger

 

Le mercredi 5 août, j’ai été invitée à me joindre à un atelier de photo dans le quartier Côte-des-Neiges avec Ducakis et Thierry, deux de nos médiateurs. Le projet a été initié par Ducakis il y a un an et à pour but de faire découvrir la photo aux participant.es et de leur permettre de se (ré)approprier leur quartier à travers ce médium artistique. 

La photographie est l’un des médiums que je préfère. Je fais beaucoup de photo depuis l’âge de 15 ans et j’ai développé ma pratique durant mon bac en arts visuels, alors j’étais vraiment excitée de pouvoir partager l’une de mes passions avec des jeunes.

Baobab familial est un organisme qui favorise l'entraide, l'échange et le sentiment d'appartenance à son milieu en accueillant et en soutenant les familles dans leur quotidien. J’apprends aussi que le public sera ado, mais nous ne savons pas combien participeront aujourd’hui. Ne sachant pas non plus le niveau de connaissance des jeunes sur la photographie, je leur ai préparé une feuille aide-mémoire démontrant quelques exemples de compositions, de cadrages et d’angles de vue.

Avant de partir avec la mobile, j’imprime quatre copies de l’aide-mémoire, parce que nous apprenons finalement qu’ils seront probablement quatre à participer. Nous regroupons cinq caméras, s'assurons qu’elles ont toutes des cartes mémoires et des batteries pleines, et hop, on les désinfecte dans la van sur le chemin, direction parc Martin Luther-King.

Au parc, on trouve les intervenantes de Baobab, Anne-Marie et Andréanne, à une table à picnic et on se présente. Elles nous disent qu’ils seront finalement plus nombreux, que plusieurs arriveront plus tard, et on se dit qu’ils pourront se mettre en équipe de deux ou utiliser leur cellulaire au besoin pour prendre des photos.

Une fois quatre des jeunes arrivés, Ducakis leur explique l’atelier. L’un d’entres eux, Marc*, se tient plus à l’écart et Thierry lui parle, afin de l’inclure et de tenter de le faire s’approcher. On se couvre en dessous d’un toit puisqu’il se met à pleuvoir très fort et après mon cours express sur les compositions, la pluie s’arrête. On distribue alors les caméras et on passe quelques minutes à voir les fonctionnements techniques des appareils, comme ils sont tous différents. Je leur fais savoir aussi qu’en photo, il ne faut pas avoir peur de bouger, de se déplacer, de pointer son objectif en haut, en bas, de côté, etc. La photo, c’est du sport!

Avant de débuter le trajet, nous demandons aux jeunes ce qu’ils voudraient prendre en photo, où ce qu’ils aiment et n’aiment pas dans leur quartier et de nommer des endroits de leur quotidien par exemple, afin de déterminer quel trajet nous allons emprunter. Marc parle du centre sportif et du dépanneur au coin de sa rue, une jeune mentionne la bibliothèque et le parc, une autre le Tim Hortons et Thierry aimerait aller prendre des photos dans la Plaza (parce que s’il avait à tourner un film de zombies, c’est l’endroit qu’il choisirait).

 

En commençant à marcher, une cinquième jeune s’ajoute au groupe et Anne-Marie lui prête son appareil photo. On se dirige vers la bibliothèque avant d’entrer dans la Plaza et sur le chemin, deux autres jeunes nous croisent et traversent la rue pour nous rejoindre. Ils se mettent en équipe de deux pour prendre des photos avec le cinquième appareil.

Marc, qui était le plus gêné au début, me pose maintenant plein des questions sur comment réaliser par exemple une composition avec des diagonales et je lui explique un peu plus en référant les lignes, l’architecture et les fenêtres du bâtiment de la bibliothèque. Je lui propose aussi d’essayer la composition en espaces négatifs, en laissant du vide afin de laisser respirer son image. Il tente le coup en cadrant les feux de circulation tout en laissant du vide (le ciel) autour. Il est vraiment investi dans la démarche et me demande souvent mon avis sur ses photos.

Après quelques prises de vue sur le Chemin de la Côte-des-Neiges, nous décidons d’entrer dans la Plaza. En plus de déjà ressembler à un centre commercial de film de zombies, tout est en construction, ce qui ajoute au caractère d’étrangeté.

 

 

Durant l’atelier, un petit trio se forme et trois des filles se suivent partout. Elles entrent dans un magasin de vêtements où tout est très coloré et elles y restent un bon moment.

On continue notre chemin et les jeunes s’éparpillent un peu, tous.tes interpellés par des éléments distincts. Certain.es vont prendre des photos du plafond vitré, d’autres de l’escalier mobile, des drôles de lampadaires, ou encore de toutes sortes de bidules se trouvant dans les vitrines des magasins.

La batterie de l’appareil de Mélodie* se vide, mais heureusement Ducakis était allé acheter des caméras jetables à la pharmacie. Jasmine* décide elle aussi de continuer avec la caméra jetable, mais attention, elles n’ont que 27 prises! Je leur conseille donc de bien réfléchir à ce qu’elles décident de capter et de prendre plus leur temps pour se positionner qu’avec une caméra digitale.

Après avoir fait le tour, on sort de l’autre côté du centre pour arriver dans le stationnement, qui est pratiquement vide et on s’amuse tous.tes à le photographier de différents angles. Avant même de sortir du stationnement, Mélodie avait déjà utilisé toutes ses prises!

 

 

 

On continue le circuit sur la rue Légaré pour rencontrer plusieurs autres sujets qui piquent l’attention des jeunes, comme des graffitis et un peu plus loin, des plantes et des abeilles qui bourdonnent. Je reste un moment avec elles et les abeilles pendant que l’autre moitié du groupe marche plus loin devant nous, tournant à droite sur l’Avenue de Courtai.

 

 

 

Dès que l’on tourne, on se retrouve immédiatement dans un coin plus industriel, rempli de garages, de machines, de vieux pneus… C’est une toute autre scène et tout le monde est attiré à gauche et à droite par différents détails.

 

 

L’une des jeunes, Natacha*, est plus solitaire et tranquille, mais je la trouve tout autant investie et intéressée que les autres, n’hésitant pas à se déplacer partout et à se laisser porter par ce qui attire son attention. 

 

 

Passé ce voisinage plus industriel, nous arrivons devant la société bouddhiste Quan-Am et des bâtiments en construction. Marc s'exclame ah je ne savais pas qu’il y avait un temple ici! et il place son objectif entre les barreaux de la porte pour pouvoir photographier les lieux.

 

 

Un peu plus loin sur la même rue, nous croisons une bâtisse un peu vieille, toute bleue, remplie de graffitis, où il est signé MDJ CDN (Maison des jeunes Côte-des-Neiges). On s'arrête pour la prendre en photo. Marc vient vers moi et me demande comment je trouve sa photo: on y voit un graffiti d’un homme en noir et blanc, qui semble prier, avec des rayons tout autour de lui. Je lui réponds que c’est un bon choix dans ce cas-ci d’avoir choisi de faire une composition centrée! Il semble satisfait et continue de marcher.

 

 

Au bout de la rue, nous arrivons devant un grand mur qui cache le boulevard et puis de l’autre côté, en face de ce mur, un bloc d’appartements recouvert lui aussi de graffitis. Certain.es le photographient du travers de la rue, d’autres se rapprochent des fenêtres et Thierry et Anne-Marie placent leur caméra entre les trous du mur pour capturer le boulevard de l’autre côté.

 

 

En revenant vers le parc, nous croisons d’autres éléments intéressants que j’ai pu remarquer, comme une bâtisse en construction couverte de mousse jaune, une vieille affiche de commerce... Sur le trottoir, une fruiterie présentent des bananes, des oranges, des oignons, etc. et Marc s’arrêtent pour les photographier; je fait de même, trouvant que c’est une belle observation de sa part.

À la fin du circuit, nous leur réservons une surprise: on termine ça autour d’une crème glacée que nous mangeons sur les bancs du parc! Nous revenons ensuite sur l’atelier, pour savoir ce qu’ils ont aimé et ce qu’ils ont découvert de leur quartier. Natacha dit réaliser qu’elle connaît en fait très bien son quartier. D’autres ont découvert par exemple le temple bouddhiste, ou encore les graffitis sur cette rue. Personnellement, j’ai beaucoup aimé aller dans la Plaza et dans le coin plus industriel. Nous avons constaté aussi que nous n’étions pas nécessairement allés aux endroits énumérés au début, car nous nous sommes plutôt laissé emporter par le moment, par ce que nous avions tout simplement envie de photographier.

Andréanne leur demande ensuite qui s’est découvert une passion pour la photo? et Marc et Mélodie lèvent la main, avec le sourire. Vers la fin du circuit, Marc a d’ailleurs dit à Thierry «J’espère qu’après l’atelier, je vais pouvoir devenir photographe professionnel.»

Pour terminer, nous avons réfléchis avec les jeunes sur l’atelier. Je leur fais remarquer que la photo nous force à regarder d’un oeil différent notre quartier et tout ce qui nous entoure. Plusieurs acquiescent. Je pense que la photo nous permet aussi de voir la beauté dans tout; en observant on la découvre partout. Nous cherchons aussi à savoir ce qui intéresserait les jeunes pour la suite de l’atelier. Allons-nous faire un séance de sélection de nos meilleures photos? Créer une exposition ou peut-être recueillir toutes les photos sous forme d’un livre? Plusieurs semblent aimer l’idée du livre. À la prochaine sortie photo en tout cas, ça se passera en famille!

 

*Tous les noms sont fictifs et ont été changés afin de conserver l'anonymat des participant.es.

 

 

ENGLISH

 

On Wednesday August 5, I was invited to join a photo workshop in Côte-des-Neiges with Ducakis and Thierry, two of our mediators. The project was initiated by Ducakis a year ago and the goal is to introduce photography to participants and allow them to (re)appropriate their neighborhood through this artistic medium.

Photography is one of my favorite mediums. I've been doing a lot of photography since I was 15 and developed my practice during my bachelor's degree in visual arts, so I was really excited to be able to share one of my passions with teenagers.

Baobab familial is an organization that promotes mutual aid, exchange and the feeling of belonging to its environment by welcoming and supporting families in their daily lives. I'm also hearing the audience will be teenagers, but we don't know how many will participate today. Not knowing their level of knowledge on photography either, I prepared a memory sheet for them showing some examples of compositions, framing and angles of view.

Before leaving with the van, I print four copies of the cheat sheet, because we eventually learn that there will probably be four to participate. We put together five cameras, make sure they all have memory cards and full batteries and we disinfect them in the van on the way, towards Martin Luther-King Park.

At the park, we find the Baobab social workers, Anne-Marie and Andréanne, at a picnic table and we introduce ourselves. They tell us that they will eventually be more numerous, that more will arrive later, and we tell ourselves that they can team up in pairs or use their cellphones to take pictures if necessary.

When four of the participants arrive, Ducakis explains the workshop. One of them, Marc*, was standing further back and Thierry speaks to him, trying to get him to sit closer. We cover ourselves under a roof since it starts to rain intensely and after my quick lesson on the compositions, the rain stops. We then distribute the cameras and spend a few minutes seeing the technical functioning of the devices, as they are all different. I also let them know that in photography, you shouldn't be afraid to move around, to point your lens up, down, to the side, etc. Photography is sport!

Before starting the journey, we ask everyone what they would like to take a picture of, what they like and dislike in their neighborhood and to name places of their daily life, for example, in order to determine which route we are going to take. Marc talks about the sports center and the convenience store at the corner of his street, someone mentions the library and the park, another the Tim Hortons and Thierry would like to go take pictures in the Plaza (because if he had to shoot a zombie movie, it would be his place of choice).

As we begin to walk, a fifth person joins the group and Anne-Marie lends her her camera. We walk towards the library before entering the Plaza and on the way, two other participants see us and cross the street to join us. They team up in pairs to take pictures with the fifth camera.

 

 

Marc, who was the most shy at the beginning, now asks me lots of questions about how to make a composition with diagonals, for example, and I explain a little more to him by referring to the lines, the architecture and the windows of the library building. I also suggest that he tries the composition in negative spaces, leaving room to breathe in the image. He tries it by framing the traffic lights while leaving negative space (the sky) around. He is really invested in the process and often asks me my opinion on his photos.

After a few shots on the Chemin de la Côte-des-Neiges, we decide to enter the Plaza. Besides already looking like a zombie movie mall, everything is under construction, which adds to the eeriness.

During the workshop, a trio is forming and three of the girls follow each other everywhere. They walk into a clothing store where everything is very colorful and they stay there for a while.

We continue our walk and the participants are scattered a bit, each of them attracted by different things. Some will take pictures of the glass ceiling, others of the mechanical stairs, the funny lampposts, or even all kinds of gadgets in store displays.

The battery of Mélodie's* camera is empty, but luckily Ducakis had bought disposable cameras at the pharmacy. Jasmine* also decides to continue with the disposable camera, but be careful, they only have 27 takes! I therefore advise them to think carefully about what they decide to capture and to take more time to position themselves than with a digital camera.

After going around, we exit on the other side of the center into the parking lot, which is practically empty and we all have fun photographing it from different angles. Before even leaving the parking lot, Mélodie had already used all of her shots!

 

 

We continue the circuit on Légaré Street to meet several other subjects that grab the attention of the teens, such as graffitis and, a little further, plants and buzzing bees. I stay with them and the bees for a little while the other half of the group walks further ahead, turning right onto Courtai Avenue.

As soon as we turn, we immediately find ourselves in a more industrial sector, filled with garages, machines, old tires... It's a whole different scene and everyone is drawn left and right by different details.

One of the participants, Natacha*, is more solitary and quiet, but I find her just as invested and interested as the others, not hesitating to move around and let herself be carried away by what catches her attention.

 

 

After this more industrial neighborhood, we come to the Quan-Am Buddhist society and buildings under construction. Marc exclaims ah I didn't know there was a temple here! and he places his lens between the fence to be able to photograph the entrance.

A little further on the same street, we come across an older building, all blue, filled with graffiti, where it is signed MDJ CDN (Maison des jeunes Côte-des-Neiges). We stop to take pictures and Marc comes up to me and asks me how I find his photo: it shows graffiti of a man in black and white, who seems to be praying, with rays all around him. I tell him that it is a good choice in this case to have chosen a centered composition!

 

At the end of the street, we come to a large wall that hides the boulevard and then in front of this wall, an apartment block also covered in graffiti. Some photograph it from across the street, others move closer to the windows and Thierry and Anne-Marie place their cameras between the holes of the wall to capture the boulevard on the other side.

 

 

Coming back to the park, we come across other interesting elements that I noticed, such as a building under construction covered with yellow moss, an old commercial poster... On the sidewalk, a fruit store presents bananas, oranges, onions, etc. and Marc stops to photograph them; I do the same, thinking it is a nice observation from him.

At the end of the walk, we have a surprise in store for them: it ends with an ice cream that we eat on the park benches! We talk about the workshop to find out what they liked and what they discovered about their neighborhood. Natacha says she realizes that she actually knows her neighborhood very well. Others have discovered the Buddhist temple, for example, or the graffitis on this street. Personally, I really enjoyed going to the Plaza and to the industrial area. We also found that we did not necessarily go to the places listed at the beginning, because we rather let ourselves be carried away by the moment, by what we just wanted to photograph.

Andréanne then asks them who discovered a passion for photography? and Marc and Mélodie raise their hands, with a smile. Besides, towards the end of the tour, Marc said to Thierry, "I hope that after the workshop, I can become a professional photographer."

Finally, we reflected on the workshop with the participants. I point out to them that photography forces us to look at our neighborhood and at everything around us differently. Several of them nod in agreement. I think photography also allows us to see the beauty in everything; by looking we find it everywhere. We are also trying to find out what would interest them for the rest of the workshop. Are we going to do a selection of our best photos? Create an exhibit or maybe collect all the photos to form a book? Many seem to like the idea of the book. At the next photo workshop anyway, it will be with the entire family!

 

*Names are all fictional and have been changed to keep anonymity of the participants.

@Maude Blanchet-Léger

Par / by Maude Blanchet-Léger

| ENGLISH VERSION |

 

Le vendredi 31 juillet, j’arrive vers 11h45 au bureau et je monte rejoindre Thierry, avec qui j’étais heureuse de passer l’après-midi, puisque le dernier atelier à boulot vers auquel j’ai assisté avec lui s’était très bien déroulé. Il m’explique l’idée d’activité qu’il a eue; nous pourrions découper des carrés de toile sur lesquels les personnes écriraient d’un côté un problème que nous avons dans la société et de l’autre côté, une solution à ce problème. Nous accrocherions ensuite les deux morceaux de canvas sur les branches d’un arbre qui se retrouve dans leur milieu de vie, décorant ainsi leur environnement de manière éphémère. Cool!  On découpe la toile et on rassemble tout le matériel pour se rendre à la van. Avant d’aller au parc, on fait un arrêt au supermarché afin d’acheter de la corde et plus de crayons et voilà, nous sommes prêt.es!

En arrivant au Parc Martin Luther-King, je réalise que nous ne manquerons probablement pas de participant.es. Je connais très peu le quartier et je suis un peu déconcertée de voir autant de personnes en situation d’itinérance. 

Il fait nuageux avec des percées de soleil; c’est la température parfaite pour un atelier à l’extérieur. Nous commençons à sortir le matériel de la van et une personne vient nous parler.  Elle nous demande si on a de la nourriture, non, mais on organise un atelier, on lui donne une bouteille d’eau et un masque. Elle nous demande ce que nous faisons et on lui explique qu’on vient réfléchir avec les gens et on lui parle de l’atelier. Elle nous conseille de ne pas rester de ce côté du parc, parce que c’est trop triste de voir tout ça et elle nous suggère d’aller de l’autre côté où c’est plus familial. Thierry lui répond que nous allons tout de même commencer ici, essayer de ce côté d’abord, parce que nous croyons que ces personnes ont aussi des choses importantes à dire.

Nous installons la table et je fais la pancarte L’arbre des solutions et une van de bouffe arrive: tout le monde se sert. Une fois installé.es, un homme vient tout de suite vers nous et nous raconte un peu sa vie et fait des blagues. Il a vécu dans plusieurs pays et il est d’origine thaïlandaise. Il dit « moi pas québécois, moé québécoué » en se frappant sur le torse et en riant et on rit avec lui. Son autre blague préférée c’est qu’ici, le loyer est gratuit. Thierry et moi lui expliquons l’atelier, mais il a un sursaut et recule lorsqu’on lui propose d’écrire quelque chose. Il ne doit pas avoir l’habitude de se faire demander son avis et même s’il a pourtant beaucoup de choses à dire, il ne veut pas participer. Il nous accompagne tout de même tout au long de notre présence dans le parc.

Juste en face du parc se trouve une cafétéria communautaire. Une femme qui y travaille vient nous jaser, elle connait pas mal de gens ici. Un autre homme, Bruno*, connait déjà Exeko et il se souvient de Dukakis qui était venu la semaine passée. Il veut participer à l’atelier, mais demande à Thierry d’écrire ses idées pour lui. Il exprime que selon lui, le problème ici (en faisant un geste de main vers tout le parc) c’est qu’il y a trop de crack, mais que la police ne prend pas les bonnes actions et pénalisent les gens au lieu d’aller à la source du problème.

Bruno nous dit aussi que les autorités ont interdit l’accès aux salles de bain du parc à cause de la pandémie, donc les personnes vivant dans le parc n’ont nul part d’autre où aller que dans le jeu d’eau pour enfants afin de se laver. Il suggère donc de rendre accessible plus d’installations de besoins de base pour les personnes sans-abris.

Une autre personne souhaite participer; elle amène des crayons et s’installe sur l’herbe pour écrire à côté de son fils qui mange du mcdo. Elle écrit que les enfants et les familles ne se sentent pas les bienvenus dans certaines parties du parc et qu’il faudrait faire de ce parc un endroit pour tout le monde. Elle demande ensuite à Thierry d’accrocher sa création dans l’arbre pour elle.

                

Pendant ce temps, les bouteilles d’eau partent vite et l’arbre est maintenant bien décoré. En partant, Bruno nous remercie avec un grand sourire et nous demande si on va revenir bientôt. Pendant que nous rangeons le matériel dans la van, un jeune homme s’arrête pour nous demander ce que nous faisons et qu’elle est notre mission. Il s’implique dans la cafétéria d’en face et souhaiterait faire plus bénévolat. Il semble vraiment intéressé et nous dit qu’il contactera Exeko. On roule direction métro Parc et en quittant, Bruno nous envoie des bisous de la main.

En arrivant au métro Parc, je remarque un rassemblement de gens, plus nombreux cette fois. Les bouteilles d’eau et les masques partent encore plus vite, mais quelques personnes restent pour nous parler. 

Un homme se prononce sur la crise du logement et de sa difficulté à trouver quoique ce soit d’abordable et de salubre. Thierry propose donc d’écrire que la solution serait de bâtir plus de logements sociaux et l’homme est d’accord avec cette idée. Il nous parle aussi d’un événement récent où des gens occupaient l’espace sur le long de la rue Notre-Dame dans des tentes, faute de refuge. Le campement était toléré jusqu’à ce que tout le monde soit tassé par les autorités. Il suggère aux campeurs d’accrocher une banderole devant leur terrain afin de rendre leur geste et leur lutte plus explicite et de la légitimer. Thierry et moi trouvons que c’est une excellente idée!

Au même moment, je parle avec une autre personne qui arrive avec beaucoup d’enthousiasme. Lui, il veut de la bouffe pour tous! Il propose la création de plus de banques alimentaires et d’encourager les restaurants et les gens à moins gaspiller de nourriture et à donner plus aux banques. J’accroche par la suite ses idées dans l’arbre derrière nous.

                 

Puisque nous n’avions plus de bouteilles d’eau, que le soleil sortait et qu’il commençait à faire très chaud, je suis allée en acheter au supermarché à côté du métro.

En revenant, un homme s’approche timidement et nous le saluons. Une fois qu’il a su ce que nous faisions, il en avait beaucoup à dire. Il nous parle de la paix intérieure et de comment les gens ne sont pas à l’écoute des autres, mais aussi d’eux-même. À la fin de notre conversation, il nous remercie et avoue que ça lui a fait beaucoup de bien de se vider le coeur. Je tente de résumer ses pensées en deux phrases et je les accroche dans l’arbre.

Dix minutes plus tard, l’homme avec qui nous parlions de la crise du logement revient avec un article de journal de la veille sur l’événement en question. Il semble vraiment outré par l’expulsion du campement et nous sommes tous les trois d’accord qu’il s’agit d’une décision complètement illogique, car ces gens n’ont nul part d’autre où aller et leur situation est encore plus difficile depuis la pandémie. En faisant ceci, on ne fait que réprimer une fois de plus ceux et celles qui ont le plus besoin d’aide. Après une discussion d’une dizaine de minutes, il nous remercie et nous dit « lâchez pas, j’aime vraiment ça ce que vous faites. »

Il est temps de partir, alors on range le matériel et on désinfecte le tout une dernière fois. En marchant vers la van et sur le chemin du retour, Thierry et moi parlons des réactions des participant.es. Nous savons qu’au moins trois ont aimé notre atelier et nous ont directement remercié et plusieurs semblaient vraiment content.es de nous voir. J’espère que cette activité a pu leur apporter un moment de réflexion, mais aussi un petit temps de repos, voire de distraction dans leur journée.

 

*Les noms utilisés dans le texte sont fictifs et ont été changés pour préserver l’anonymat.

Toutes les photos de l'article sont l'oeuvre de l'autrice, Maude Blanchet Léger.

idAction mobile: The tree of solutions

On Friday, July 31, I arrive at around 11:45 am at the office and I go upstairs to join Thierry, with whom I was happy to spend the afternoon, since the last work workshop that I attended with him went very well. He explains to me the idea he had for today’s activity; we could cut out squares of canvas where people could write on one side a problem we have in our society and a solution to that problem on the other side. We would then hang the two pieces of canvas on the branches of a tree that is found in their living environment, thus decorating their living space in an ephemeral way. Cool! We cut the canvas and collect all the material to get to the van. Before heading to the park, we stop at the supermarket to buy some rope and more pencils and voila, we are ready!

Arriving at Martin Luther-King Park, I realize that we will probably not run out of participants. I don’t know anything about this neighborhood and I am a little surprised to see so many homeless people.

It is cloudy with bursts of sun; it’s the perfect temperature for an outdoor workshop. We start to take the equipment out of the van and right away someone comes to talk to us. She asks us if we have food, no, but we’re organizing a workshop, we give her a bottle of water and a mask. She asks us what we are doing and we explain to her that we are here to reflect on society with people and we talk to her about the workshop. She advises us not to stay on this side of the park, because it's too sad to see all of this and she suggests that we go to the other side where it's more family-friendly. Thierry tells her we're going to start here anyway, try this side first, because we think these people have important things to say too.

We set up the table and I put up the Tree of solutions sign and a food van arrives: everyone helps themselves. Once installed, a man comes immediately towards us and tells us a bit about his life and makes jokes. He has lived in several countries and is from Thailand. He says "moi pas québécois, moé québécoué", slapping himself on the chest and laughing and we laugh with him. His other favorite joke is that the rent here is free. Thierry and I explain the workshop to him, but he gasps and pulls back when asked if he wants to write something. He is probably not used to being asked for his opinion and although he does have a lot to say, he doesn't want to participate. Nonetheless, he stays with us throughout our presence in the park.

Right in front of the park is a community cafeteria. A woman who works there comes to talk to us, she seems to know a lot of people around here. Another man, Bruno*, already knows Exeko and he remembers Dukakis who came last week. He wants to participate in the workshop, but asks Thierry to write down his ideas for him. He expresses that according to him, the problem here (waving his hand towards the whole park) is that there is too much crack, but that the police do not take the right actions and penalizes the people instead of going to the root of the problem. Bruno also tells us that the authorities have banned access to the bathrooms in the park due to the pandemic, so the people who live in the park have nowhere else to go than in the water fountains made for children in order to wash themselves. He then suggests that we need to make more basic facilities accessible to homeless people.

Another person wishes to participate; she brings pencils and settles on the grass to write next to her son who is eating mcdonalds. She writes that children and families do not feel welcome in some areas of the park and that this park should be made a place for everyone. She then asks Thierry to hang her creation in the tree for her.

    

Meanwhile, the water bottles are almost all gone and the tree is now nicely decorated. Before leaving, Bruno thanks us with a big smile and asks us if we will be back soon. While we are packing the equipment into the van, a young man stops, wondering what we are doing and what our mission is. He is doing volunteering in the cafeteria across the street and would like to do more. He seems really interested and says that he will contact Exeko. We drive towards metro Parc and when leaving, Bruno blows us kisses.

When we get to the metro Parc, I notice a gathering of people, more numerous this time. The water bottles and masks run out even faster, but a few people stay to talk to us.

A man speaks out on the housing crisis and how it’s difficulty for him to find anything affordable and sanitary. Thierry therefore proposes to write that the solution would be to build more social housing and the man agrees with this idea. He also tells us about a recent event where people occupied the space along Notre-Dame Street in tents, because of a lack of shelter. The campement was tolerated until they were evacuated by the authorities. He suggests that the campers could hang a banner in front of their site in order to make their gesture and their situation more explicit and to legitimize it. Thierry and I think this is a great idea! As he leaves, he thanks us and says "keep it going, I really like what you do. "

At the same time, another person arrives with great enthusiasm and I start speaking with him. He wants food for everyone! He proposes to create more food banks and to encourage restaurants and people to waste less food and to donate more to those banks. I then hang his ideas in the tree behind us.

 

 

Since we had run out of water bottles, the sun was coming out and it was getting very hot, I went to buy some more from the supermarket next to the metro.

Coming back, a man approaches timidly and we greet him. Once he found out what we were doing, he had a lot to say. He tells us about inner peace and how people are not listening to others, but also to themselves. At the end of our conversation, he thanks us and admits that it did him a lot of good to talk with us. I try to sum up his thoughts in two sentences and hang them in the tree.

Ten minutes later, the man we were talking to about the housing crisis returns with a newspaper article from the day before about the event. He seems genuinely outraged by the expulsion of the campers and the three of us all agree that this is a completely illogical decision, as these people have nowhere else to go and their situation is even more difficult since the pandemic. By doing this, we only repress once again those who need help the most.

 

It is now time to go, so we put the equipment away and disinfect it one last time. Walking towards the van and on the way back, Thierry and I talk about the reactions of the participants. We know that at least three people liked our workshop and thanked us personally and several seemed really happy to see us. I hope this activity gave them a moment of reflection, but also a little time to rest, or even a small distraction in their day.

 

*Names in the text have been changed in order to keep anonymity.

Every pictures are credited to the author, Maude Blanchet-Léger.  

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Sous la responsabilité de la directrice des partenariats et de la directrice des communications, la personneen poste a pour objectif principal de...

Il nous raconte qu’il s’est fait voler toutes ses choses; nous lui proposons alors de lui redonner un carnet et un stylo. Je lui demande...

Possédez-vous un objet que vous pourriez léguer à un musée? Un objet qui a du sens pour vous ou qui vous est cher? Que ce soit un souvenir d’...

Andréanne leur demande ensuite qui s’est découvert une passion pour la photo? et Marc et Mélodie lèvent la main, avec le sourire. Vers la...

  • « Je ne suis que la courroie de transmission, je ne fais que retranscrire ce que les gens m'ont donné dans la rue. »

    Stéphane Dionne, artiste co-créateur pour métissage urbain

  • « Faire confiance et donner aux jeunes autochtones marginalisés le pouvoir de se faire comprendre et entendre…  »

    Nadia Duguay, directrice du projet

  • « On y apprend, entre autres que même si nous ne sommes qu'une infinitésimale partie de la planète, nous ne sommes pas insignifiants, on peut faire quelque chose, on peut comprendre quel peut y être notre rôle. »

    Participant en milieu carcéral

  • « Les discussions sur les sujets amenés durant les ateliers sont positives et intéressantes, l’animateur réussit à ouvrir des débats, à allumer les esprits sur des sujets importants. »

    Johanne Cooper, directrice générale, La Maison Tangente

  • « Les ateliers idAction m'ont permis de me voir autrement de celle que j'aurais du être. Et je vais le devenir.  »

    Sophie Poucachiche, participante

  • « Tel un arbre, à chaque fois que quelqu'un apprend et transmet quelque chose, y en a un autre en arrière qui va grandir »

    Jimmy, participant

  • « On a besoin de tout le monde; si on a juste des ingénieurs et des architectes, on va manger quoi? Des plans et des schémas?" »

    Tony, participant idAction

  • « Y'en a qui ont la soif du pouvoir, ben moi c'est la soif du savoir »

    Jo, participant idAction

  • « C'est un excellent programme qui permet aux enfants de connaître leurs traditions et d'accroître leurs interactions avec les aînés dans la communauté. »

    Erika Eagle, Assistante en développement social, Grandir Ensemble Waswanipi

  • « Notre objectif : Tisser des liens solides avec les communautés, travailler main dans la main, apporter notre pierre à l'édifice, et transmettre le plus que nous pouvons, en espérant que, dans l'avenir, notre programme n'ait plus sa raison d'être. »

    François-Xavier Michaux, directeur du programme

  • « On a appris à affronter nos peurs. »

    Cynthia, participante Trickster

  • « La formule ; des ateliers quasi « intensifs », pour arriver à un résultat concret en seulement 2 semaines. Une réussite dont les élèves se rappelleront toute leur vie! »

    Marie-Ève Gagnon, professeure d’Art, à propos de Trickster

  • « Collaborer avec l’équipe de Exeko a clairement amélioré la portée de nos projets. Par leur vision de la mixité et de la médiation culturelle, Exeko s’est démarqué dans leur façon de faire valoir l’intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. »

    Nadia Bastien, directrice générale AMDI

  • « Ça fait longtemps que j’ai pas été dans un évènement qui m’ai apporté autant de bonheur. »

    Un visiteur, D'un oeil différent 2013

  • « Quelle belle exposition ! Ça nous a fait rêver un peu ! J’ai appris que y’a beaucoup de personnes qui peuvent faire des œuvres magnifiques, différentes, ça nous a fait rêver »

    Un visiteur, D'un oeil différent 2013

  • « Comment te sens tu quand tu vois ta toile accrochée à un mur? Bien en dedans, c'est le fun »

    Dan, exposant à D'un oeil différent 2013

  • « Pourquoi t'aime ça peindre? J'aime ça Parce que personne peut m'enlever ça dans la tête. »

    Diane, exposante à D'un oeil différent 2013

  • « Son but? Développer le raisonnement, la pensée critique, la logique, et augmenter la participation citoyenne de ces groupes marginalisés. »

    Caroline Monpetit, Le Devoir

  • « Les gens ne pensent pas à me donner des livres alors que j'aime tellement lire! »

    Elie, participante

  • « Je m'aperçois qu'il y a beaucoup de personnes qui travaillent à faire changer les choses et les attitudes, cela me donne un peu plus confiance dans l'avenir. »

    Participant en milieu carcéral

  • « Cet espace de savoir, nourrissant l’esprit et la créativité, ainsi que l’ouverture qu’offre idAction sont tout à votre honneur. »

    Louise Chabot, Présidente CSQ

  • « J'ai appris que 80% des richesses de la planète sont détenues et gaspillées par 20% de celles-ci, [...] qu'un rire est universel et qu'il met un baume sur les souffrances de quiconque, [...] qu'il y a des gens qui souffrent et que je peux à ma manière les aider. »

    Participant en milieu carcéral

  • « La caravane d’Exeko, qui distribue des livres, des cahiers et des crayons aux itinérants de Montréal, et plus particulièrement aux itinérants autochtones, sillonne les rues de Montréal, pour faire jaillir la participation culturelle de ces exclus de la société. Avec des résultats franchement étonnants. »

    Caroline Monpetit, Journaliste, Le Devoir

  • « Vous donnez le goût aux gens d'avoir des idées... »

    Participant, idAction Mobile

  • «  Pourquoi ne restez-vous pas ici pour toujours ? »

    Nathaniel, participant, Trickster

  • « Depuis que vous êtes là, les jeunes rient, et il y en a même qu’on n'avais jamais vu sourire qui sourient maintenant. »

    Directrice d'une école partenaire

  • « Es-tu un artiste? -Oui - Pourquoi? - Parce que j'aime »

    Gilles Grégoire, artiste, en réponse à notre médiatrice

  • « On a notre style, notre marque de commerce. On fait les choses différemment des autres. »

    Guillaume Lapierre, artiste exposant à D'un oeil différent 2013

  • « J’ai dessiné en t’écoutant, comme écouté de la musique. J’ai adoré. Je suis passée par beaucoup de stades, comme ton histoire. »

    Soufia Bensaïd à Edon Descollines, duo d'artistes Tandem Créatif 2013

  • « Exeko met en place des solutions créatives à différentes problématiques, donne une voix aux sans voix et de l'espoir aux plus démunis. »

    Bulletin des YMCA

  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil! »

    Hélène-Elise Blais, les Muses

  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil ! »

    Hélène-Elise Blais, les Muses

  • « L'art a l'avantage de permettre [de] parler [de déficience intellectuelle] en termes de capacité plutôt que de limitation. »

    Delphine Ragon, Directrice des programmes communautaires aux Compagnons de Montréal

  • « On voit [...]depuis quelques années plus de productions de grande qualité avec des personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont des artistes à part entière. »

    Julie Laloire, Agente de sensibilisation à l'AMDI

  • « C'était un moment inoubliable : je suis tellement reconnaissant... »

    Larry, participant

  • « Merci de parler avec moi! Aujourd'hui je me sentais complètement seule, personne ne me parlait. »

    Eva, participante

  • « Nous sommes vraiment heureux de conjuguer nos actions à celles d'Exeko; nous avons ainsi l'assurance que la jeunesse autochtone en bénéficiera de façon significative.»
    Marie-Josée Coutu, Présidente de la Fondation Marcelle et Jean Coutu
  • « J'ai toujours été imprégnée du désir de justice sociale et je croyais ne pas avoir de préjugés...mais je dois dire que mon expérience chez Exeko a transformé ma vision des personnes en marge.»
    Muriel Kearney, bénévole depuis septembre 2015
  • « Je ne suis que la courroie de transmission, je ne fais que retranscrire ce que les gens m'ont donné dans la rue.»
    Stéphane Dionne, artiste co-créateur pour métissage urbain
  • « I don't know everything, but while reading it, it always bring me one step closer»
    A participant, idAction Mobile
  • « Pourquoi t'aime ça peindre? J'aime ça Parce que personne peut m'enlever ça dans la tête.»
    Diane, exposante à D'un oeil différent 2013
  • « Comment te sens tu quand tu vois ta toile accrochée à un mur? Bien en dedans, c'est le fun»
    Dan, exposant à D'un oeil différent 2013
  • « Quelle belle exposition ! Ça nous a fait rêver un peu ! J’ai appris que y’a beaucoup de personnes qui peuvent faire des œuvres magnifiques, différentes, ça nous a fait rêver»
    Un visiteur, D'un oeil différent 2013
  • « Ça fait longtemps que j’ai pas été dans un évènement qui m’ai apporté autant de bonheur.»
    Un visiteur, D'un oeil différent 2013
  • « Collaborer avec l’équipe de Exeko a clairement amélioré la portée de nos projets. Par leur vision de la mixité et de la médiation culturelle, Exeko s’est démarqué dans leur façon de faire valoir l’intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle.»
    Nadia Bastien, directrice générale AMDI
  • « La formule ; des ateliers quasi « intensifs », pour arriver à un résultat concret en seulement 2 semaines. Une réussite dont les élèves se rappelleront toute leur vie!»
    Marie-Ève Gagnon, professeure d’Art, à propos de Trickster
  • « On a appris à affronter nos peurs.»
    Cynthia, participante Trickster
  • « Notre objectif : Tisser des liens solides avec les communautés, travailler main dans la main, apporter notre pierre à l'édifice, et transmettre le plus que nous pouvons, en espérant que, dans l'avenir, notre programme n'ait plus sa raison d'être.»
    François-Xavier Michaux, directeur du programme
  • « C'est un excellent programme qui permet aux enfants de connaître leurs traditions et d'accroître leurs interactions avec les aînés dans la communauté.»
    Erika Eagle, Assistante en développement social, Grandir Ensemble Waswanipi
  • « Y'en a qui ont la soif du pouvoir, ben moi c'est la soif du savoir»
    Jo, participant idAction
  • « On a besoin de tout le monde; si on a juste des ingénieurs et des architectes, on va manger quoi? Des plans et des schémas?"»
    Tony, participant idAction
  • « Tel un arbre, à chaque fois que quelqu'un apprend et transmet quelque chose, y en a un autre en arrière qui va grandir»
    Jimmy, participant
  • « Les ateliers idAction m'ont permis de me voir autrement de celle que j'aurais du être. Et je vais le devenir. »
    Sophie Poucachiche, participante
  • « Les discussions sur les sujets amenés durant les ateliers sont positives et intéressantes, l’animateur réussit à ouvrir des débats, à allumer les esprits sur des sujets importants.»
    Johanne Cooper, directrice générale, La Maison Tangente
  • « On y apprend, entre autres que même si nous ne sommes qu'une infinitésimale partie de la planète, nous ne sommes pas insignifiants, on peut faire quelque chose, on peut comprendre quel peut y être notre rôle.»
    Participant en milieu carcéral
  • « Faire confiance et donner aux jeunes autochtones marginalisés le pouvoir de se faire comprendre et entendre… »
    Nadia Duguay, directrice du projet
  • « Son but? Développer le raisonnement, la pensée critique, la logique, et augmenter la participation citoyenne de ces groupes marginalisés.»
    Caroline Monpetit, Le Devoir
  • « Les gens ne pensent pas à me donner des livres alors que j'aime tellement lire!»
    Elie, participante
  • « Merci de parler avec moi! Aujourd'hui je me sentais complètement seule, personne ne me parlait.»
    Eva, participante
  • « C'était un moment inoubliable : je suis tellement reconnaissant...»
    Larry, participant
  • « On voit [...]depuis quelques années plus de productions de grande qualité avec des personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont des artistes à part entière.»
    Julie Laloire, Agente de sensibilisation à l'AMDI
  • « L'art a l'avantage de permettre [de] parler [de déficience intellectuelle] en termes de capacité plutôt que de limitation.»
    Delphine Ragon, Directrice des programmes communautaires aux Compagnons de Montréal
  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil !»
    Hélène-Elise Blais, les Muses
  • « C'est terrible pour une société d'ignorer des gens avec un talent pareil!»
    Hélène-Elise Blais, les Muses
  • « Exeko met en place des solutions créatives à différentes problématiques, donne une voix aux sans voix et de l'espoir aux plus démunis.»
    Bulletin des YMCA
  • « J’ai dessiné en t’écoutant, comme écouté de la musique. J’ai adoré. Je suis passée par beaucoup de stades, comme ton histoire.»
    Soufia Bensaïd à Edon Descollines, duo d'artistes Tandem Créatif 2013
  • « On a notre style, notre marque de commerce. On fait les choses différemment des autres.»
    Guillaume Lapierre, artiste exposant à D'un oeil différent 2013
  • « Es-tu un artiste? -Oui - Pourquoi? - Parce que j'aime»
    Gilles Grégoire, artiste, en réponse à notre médiatrice
  • « Depuis que vous êtes là, les jeunes rient, et il y en a même qu’on n'avais jamais vu sourire qui sourient maintenant.»
    Directrice d'une école partenaire
  • « Pourquoi ne restez-vous pas ici pour toujours ?»
    Nathaniel, participant, Trickster
  • « Vous donnez le goût aux gens d'avoir des idées...»
    Participant, idAction Mobile
  • « La caravane d’Exeko, qui distribue des livres, des cahiers et des crayons aux itinérants de Montréal, et plus particulièrement aux itinérants autochtones, sillonne les rues de Montréal, pour faire jaillir la participation culturelle de ces exclus de la société. Avec des résultats franchement étonnants.»
    Caroline Monpetit, Journaliste, Le Devoir
  • « J'ai appris que 80% des richesses de la planète sont détenues et gaspillées par 20% de celles-ci, [...] qu'un rire est universel et qu'il met un baume sur les souffrances de quiconque, [...] qu'il y a des gens qui souffrent et que je peux à ma manière les aider.»
    Participant en milieu carcéral
  • « Cet espace de savoir, nourrissant l’esprit et la créativité, ainsi que l’ouverture qu’offre idAction sont tout à votre honneur.»
    Louise Chabot, Présidente CSQ
  • « Je m'aperçois qu'il y a beaucoup de personnes qui travaillent à faire changer les choses et les attitudes, cela me donne un peu plus confiance dans l'avenir.»
    Participant en milieu carcéral